Le culte du gros livre pas pratique

Combien de critiques de jeu de rôle avez-vous lu où on se lamente qu’un livre soit à couverture souple ? L’argument avancé est la solidité. Je ne vois pas en quoi c’est plus solide. Je trouve que les coins ont même tendance à s’user plus vite. Il y a très peu d’avantage à la couverture dure pour un manuel. Ou alors, il faut un truc sérieux genre les reliures que l’on utilise en bibliothèque pour assembler les périodiques. Et s’il n’y avait que la couverture dur. À la rigueur, mon Bubble Gumshoe au format comics à couverture dur est très pratique à lire, mais l’habitude éditorial du jeu de rôle est de faire du grand format.

Les livres de jeu de rôle seraient épais comme des bédés franco-belges, ça irait. Malheureusement ce sont des trucs généralement volumineux, voire très volumineux (coucou les rééditions White Wolf). Pour le lire confortablement il faut un bureau ou un lutrin, ce n’est pas pratique dans un canapé, ni dans un plumard, ni dans les transports.

Over the Edge, grand format, couverture souple. Élégant, pratique. Le livre de base est limite gros, mais reste agréable à lire, plus que s’il avait une couverture dure.

Des petits volumes de formats comics en couverture souple serait l’idéal selon moi. On a toute la place nécessaire pour une feuille de personnage ou des tableaux divers. On pourrait éditer sous une colonne, comme les jolies éditions de Evil Hat (Blades in the Dark…) ou The Gauntlet (Brindelwood Bay…).

Mais pour le reste de la production rôlistique, c’est à dire, la production de gros livre pas pratique à couverture dure, vous avez une idée maintenant de pourquoi je suis passé au numérique. Je lis sous iPad Pro 11″ (9,74″ de haut pour 7,02″ de large). Tiens, une taille proche du format comics, pour un poids de 500 grammes. Grâce à ma myopie, je peux lire sans problème les grands formats dessus (sauf quand la fonte est très petite, genre Polaris ou la boîte de base de Cthulhu 7e édition). Et je peux les lire dans mon lit, parce qu’il est deux fois moins lourd qu’un livre de JDR standard (1066 g pour le PHB de D&D5) et beaucoup moins encombrant (le PHB fait 18″ de large déplié et 11″ de haut). Et pour le coup, l’iPad dans son étuis est bien plus robuste qu’un livre à couverture dur ! Je n’ai aucune peur à le trimballer dans ma sacoche, il est toujours nickel, là où un livre fatiguerait vite.

L’iPad est agréable à lire comme un livre au format comics, en plus léger et moins encombrant.

Je ne joue qu’en visio, mais si par miracle je pouvais à nouveau jouer en présentiel, au lieu de trimballer plusieurs kg de livre, j’ai un peu moins de deux kilos de matériels (un iPad et un MacBook Air) à promener. Bon. Là, il faut dire que le JDR numérique, ça ne coûte pas moins cher, parce que même si les PDF sont meilleurs marché, il faut du matos qui tabasse un peu pour gérer les énormes PDF plein d’images lourdes du monde du JDR. Pour qu’il n’y ait pas de latence ou peu de latence, il faut des trucs un peu récent, et ça coûte des sous, plus cher que les gros livres pas pratiques. Avant de devenir un bourgeois Apple, j’étais un clodo de l’informatique qui récupérait les vieux ordis des autres pour installer des Linux ou des *BSD. C’est génial pour tout, sauf les applis web moderne et les gros PDF (un ordi récent sous Linux/*BSD ou une tablette Android peut gérer ça très bien par ailleurs, mais je suis fasciné par le microprocesseur M1 d’Apple en ce moment).

Je pars mener une partie, j’emmène mon ordi et ma tablette ou le livre de base de mon jdr avec le scénario ? En plus ici, le livre est dans un étuis. L’étuis c’est le truc qu’on débloque dans les campagnes participatives pour que nos livres soient moins pratiques à utiliser, plus encombrant et un peu plus lourd.

Ha oui, et la place. Je n’ai plus de place sur mes étagères et je ne peux pas rajouter de nouvelles étagères. Il fallait de toutes façons passer au numérique.

Une étagère de jdr parmi d’autres. L’ordi et la tablette peuvent contenir beaucoup plus de document que les livres papiers contenus sur cette étagère, pour moins de place.

Voilà, toutes les raisons qui font que je n’ai pas de regret pour les gros livres de JDR pas pratique à lire autre part qu’à un bureau. Le numérique est une vraie libération pour moi. Avec la même qualité de lecture, je transporte moins de matériel, j’ai moins peur d’abîmer mes supports, je peux lire où je veux, même dans mon lit.

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